Un prêtre est filmé en intérieur nuit en train de
tourner la clé dans la serrure de la porte d’entrée
de son presbytère. Quand tout à coup, le téléphone
se met à sonner. Le Père Bignard s’approche du
l’appareil et il décroche.
Le Père Bignard : Allô ! Ah !
C’est toi Philippe ! Non, ne crains rien. Ce sont des
menaces en l’air... J’ai une porte blindée, des
volets en fer et un système d’alarme très
sophistiqué. Que veux-tu qu’il m’arrive ?
On entend la voix d’un homme, mais on ne l’aperçoit
pas.
Gutiver : Mon Père... Mon Père.
Le Père Bignard : J’entends des voix....
Une porte qui grince s’ouvre doucement et l’on voit un
homme devant la porte complètement dénudé.
Le Père Bignard : Qui êtes-vous ?
Gutiver : Ça te fait bander ou tu préfères
les petits garçons ?
Le Père Bignard : Vous êtes diabolique.
Gutiver : Pas plus que toi.
Gutiver avance vers lui en sortant de son blouson un instrument de
torture.
Le Père Bignard : Qui êtes-vous ?
Gutiver : Je suis ton pire cauchemar.
On aperçoit en extérieur nuit le presbytère qui
est situé au milieu d’un village et l’on entend de
terribles cris de douleur. Ensuite, on aperçoit un coq qui
chante et l’on voit le ciel filmé en extérieur
jour.
Jennifer : Il paraît que ce n’est pas très
beau à voir.
Armand : Ce n’est pas un problème. J’ai
l’habitude...
Un policier est installé devant l’entrée du
presbytère.
Le policier : Mademoiselle. Vous êtes stagiaire ?
Jennifer : Oui et alors ?
Le policier : Ne rentrez pas. Vous êtes trop
jeune.
Jennifer : J’ai le droit d’aller au cinéma
pour voir des films d’horreurs. (Elle sort sa carte d’identité
qu’elle montre au gendarme.)
Armand : Ne soyez pas insolente. Il a raison. Je
préfère y aller seul.
Jennifer : Allez-y ! Puisque vous êtes un
dur….
Armand rentre à l’intérieur presbytère, la
maison est filmée en extérieur jour pendant quelques
instants.
Le policier : Je suis désolé, mais ce
n’est pas un spectacle pour une stagiaire.
Jennifer : Quand j’étais petite, je voyais
souvent mon beau-père frapper ma mère. La pauvre…
elle avait souvent le visage recouvert de sang. Vous voyez ? J’en
ai vu d’autres...
Le policier : Non, mademoiselle. Ce n’est pas la
même chose !
Jennifer : Croyez-moi ! Rien ne peut plus
m’impressionner.
Le policier : Vous manquez d’expérience…
Jennifer : Ce n’est pas le cas d’Armand ?
Le policier : Oh, non ! Vous auriez vu le quart de ce
qu’il a vu. Vous seriez insomniaque…
On entend Armand pousser un terrible cri de terreur.
Jennifer : Maintenant. Il va en prendre des somnifères…
Armand : Venez, Jennifer. (Il hurle.)
Jennifer : Je peux rentrer ?
Le policier : Allez-y !
Jennifer rentre en intérieur jour dans le presbytère.
Jennifer : Qu’est-ce qui se passe ?
Armand : Regardez !
On aperçoit le corps mutilé du prêtre qui a été
violemment torturé avant de mourir.
Armand : Je n’ai jamais vu ça en vingt ans
de carrière.
Jennifer : Les atrocités que j’ai vue…
C’était autre chose…
Armand : C’était quoi ?
Jennifer : « L’exorciste ».
Le film est passé à la télé la semaine
dernière.
Armand : Vous aimez les films d’horreur ?
Jennifer : Oui, mais seulement au cinéma...
On revoit le corps atrocement mutilé du curé.
Jennifer : Il paraît qu’il a reçu
des menaces ?
Armand : Oui.
Jennifer : A quelle date ?
Armand : Le 9 juillet. Pourquoi ?
Jennifer : Non, comme ça...
Armand : On va mener notre enquête sur ce crime.
C’est sûrement une vengeance ?
Jennifer : Oui, c’est possible...
Armand : Je vais me renseigner sur un truc.
Armand sort son portable et il compose un numéro de téléphone.
Armand : Allô, Philippe. Consulte les fichiers et
rappelle-moi. Je veux savoir si d’autres curés ont été
assassinés ces derniers mois. Merci. A plus tard.
Jennifer : Vous avez déjà entendu parler
d’affaires similaires ?
Armand : Non, pas dans la région. Mais ailleurs,
peut-être...
Jennifer : Les schizo tuent souvent dans le même
secteur.
Armand : Ce n’est peut-être pas un
schizophrène.
Jennifer : Ce serait quoi, alors ?
Armand : Je n’en sais rien, mais il ne faut
négliger aucune piste.
Le portable d’Armand se met à sonner.
Armand : Excusez-moi.
Jennifer : Ce n’est rien.
Armand : Ça y est ? Tu as consulté les
fichiers sur l’ordinateur. Et alors ? Deux prêtres ont
été tués sur la Côte d’Azur et un
autre en Savoie. Je te remercie. A plus tard, Philippe.
Jennifer : Vous pensez à quoi ?
Armand : Je pense que l’habit ne fait pas le
moine. Même pour les curés…
Jennifer : Et alors ?
Armand : Je voudrais connaître son passé.
Jennifer : Vous pensez que ce n’est pas un saint
?
Armand : Je ne pense pas…
Jennifer : Regardez !
On aperçoit un miroir accroché au plafond.
Armand : Oui. J’avais remarqué. Ça
confirme mon hypothèse.
Jennifer : A quoi pensez-vous ?
Armand : Le tueur a voulu lui dire : « Regarde-toi
en face pour voir ce que tu as fait ».
Jennifer : Le schizo a laissé la croix, il n’a
rien contre la religion.
Armand : Non, il est contre les curés. Du moins
contre certains...
Jennifer : Vous pensez qu’enfant, il aurait subi
des gestes déplacés ?
Armand : Si ce n’était que des gestes...
On va le savoir tout de suite. Vous venez, Jennifer ?
Jennifer : J’arrive !
Armand conduit sa voiture et Jennifer est assise du côté
passager.
Jennifer : Vous pensez que le prêtre était
pédophile ?
Armand : J’en ai la certitude et maintenant je
voudrais en avoir la preuve.
Jennifer : Comment ?
Armand : En interrogeant les ecclésiastiques de
Saint-Ménard où notre curé a enseigné
quelques années.
Jennifer : Vous pensez qu’ils vont avouer leurs
crimes sexuels ?
Armand : Ce sera difficile, mais on va essayer.
Jennifer : Bon courage, Armand ! C’est encore
loin ?
Armand : Non, c’est ici.
La voiture est filmée en extérieur jour et le véhicule
tourne dans un chemin qui mène à l’établissement
religieux.
Jennifer : Vous pensez que vous allez pouvoir prouver
vos soupçons ?
Armand : Je l’espère...
On aperçoit l’école catholique de Saint-Ménard.
Jennifer : Ce bâtiment est austère. Pour
ne pas dire sinistre.
Armand : Quand je vois ça, je suis fier d’être
athée.
La voiture s’arrête au milieu de la cour de l’école
religieuse. Deux curés discutent entre eux à côté
de l’automobile.
Armand : Bonjour.
Les deux curés : Bonjour, mon fils.
Armand : Police.
Armand sort sa carte de police.
Armand : Qui est le responsable de cet établissement
?
Un curé : C’est le Père Duvenoux.
Vous le trouverez dans son bureau qui se situe au 2e
étage.
Armand : Merci. Vous venez, Jennifer ?
Jennifer : Avec plaisir !
Les deux inspecteurs descendent de la voiture.
Armand : Vous pensez qu’il est dans son bureau ?
Un curé : Bien sûr. Je l’ai vu, il y
a cinq minutes.
Armand : Merci. On y va ?
Jennifer : Oui.
Les deux inspecteurs rentrent en intérieur jour dans le hall
où se situe le bureau du prêtre et ils montent aussitôt
les étages. Quand soudain, on entend les cris de douleur d’un
enfant.
Armand : Vite ! Dépêchons-nous !
Armand et Jennifer se mettent à courir dans les escaliers, ils
arrivent rapidement en face du bureau du Père Duvenoux. Armand
ouvre la porte sans frapper, les deux inspecteurs rentrent dans son
bureau et ils surprennent le curé en train de battre les mains
d’un enfant à l’aide d’une règle en
fer. Ce dernier est à genoux et il récite le « Je
vous salue Marie ».
Le Père Duvenoux : Vous pourriez frapper avant
d’entrer. Qui êtes-vous ?
Armand : Police.
Le Père Duvenoux : Oh, pardon !
Jennifer : Viens, mon bonhomme.
Jennifer se met à genoux et l’enfant vient dans ses
bras. Ensuite, elle l’embrasse et la jeune femme le sert contre
elle.
Armand : Que faisiez-vous ?
Le Père Duvenoux : Je punissais cet enfant. Ça
ne se voit pas ?
Armand : Vous n’êtes qu’un salaud. Je
déteste vos méthodes.
On aperçoit le petit garçon pleurer dans les bras de
Jennifer qui le console.
Armand : Regardez-le ! Vous traumatisez ce pauvre
môme.
Le Père Duvenoux : Mais, pas du tout. La
sévérité est la meilleure méthode pour
que nos élèves aient de brillants résultats.
Armand : Il a mal travaillé, je suppose…
Le Père Duvenoux : Oui. C’est pour ça
qu’il est puni. Qui aime bien, châtie bien. Et moi,
j’aime beaucoup les enfants.
Armand : Vous aimez peut-être un peu trop les
petits garçons…
Le Père Duvenoux : Je ne comprends pas vos
insinuations.
Armand : Moi, je me comprends… Vous connaissez
le Père Bignard ?
Le Père Duvenoux : Oui, malheureusement…
Il a été révoqué de Saint-Ménard.
Armand : Pourquoi ?
Le Père Duvenoux : Il était pédophile,
lui… J’ai pris l’initiative de l’exclure,
car je suis contre ce genre de perversité. Vous ne me croyez
pas ?
Armand : Si. Mais vous êtes sadique. Ce n’est
pas mieux…
Le Père Duvenoux : Ne confondez pas tout. La
sévérité n’a rien à voir avec la
cruauté.
Armand : Bien sûr…
Le Père Duvenoux : Pourquoi me parlez-vous de
lui ? Il a fait quelque chose de mal ?
Armand : Il est mort sous la torture. Vous connaissez
peut-être l’auteur de cet acte ?
Le Père Duvenoux : Oh ! Mon Dieu ! Pas
lui…
Armand : Vous pensez à quelqu’un en
particulier ?
Le Père Duvenoux : Oh, oui ! Je pense à
Gutiver.
Armand : C’est son surnom ?
Le Père Duvenoux : Non, c’est son nom de
famille. Son surnom c’est « l’ombre de la
lumière ».
Armand : Pourquoi pensez-vous à lui ?
Le Père Duvenoux : Je vais vous montrer quelque
chose.
Le curé avance jusqu’à une commode, il ouvre l’un
des tiroirs du meuble pour en sortir une photo et il avance ensuite
vers Armand.
Le Père Duvenoux : Regardez, inspecteur.
Le religieux lui passe la photo.
Armand : Je suppose que « l’ombre de
la lumière » est dessus. Mais pourquoi
porte-t-il ce surnom ?
Le Père Duvenoux : Je vais vous expliquer.
La photo est montrée en gros plan.
Le Père Duvenoux : Vous voyez le petit garçon
avec les cheveux roux ?
Armand : C’est « l’ombre de la
lumière » ?
Le Père Duvenoux : Non, cet enfant s’appelait
André Jasmin et c’était un honneur de l’avoir
parmi nous.
Armand : Où est Gutiver ?
Le Père Duvenoux : Un peu plus haut. Il lui fait
de l’ombre.
Armand : Ça explique son surnom.
Le Père Duvenoux : Oui. Ce cancre était
très indiscipliné.
Armand : Vous deviez souvent le corriger ?
Le Père Duvenoux : Cet enfant avait plus besoin
d’être maté que tous nos autres pensionnaires.
Armand : Vous le martyrisiez ?
Le Père Duvenoux : Je n’irai pas
jusque-là… Mais nos châtiments étaient
exemplaires.
Armand : Qu’est devenu le petit rouquin ?
Le Père Duvenoux : Il a fini ses études
prématurément… Il est décédé.
Armand : A la suite de quoi ?
Le Père Duvenoux : « L’ombre de
la lumière » l’a tué avec la
sauvagerie qui le caractérise.
Armand : Expliquez-moi.
Le Père Duvenoux : Gutiver jalousait énormément
« le rouquin » pour ses brillants résultats
scolaires et aussi parce qu’il était très
apprécié de ses professeurs. André n’était
jamais puni, cela n’était pas nécessaire.
Armand : Et après ?
Le Père Duvenoux : « Le rouquin »
était son confident, Gutiver lui confiait souvent des secrets,
jusqu’au jour où il lui a avoué avoir commis un
pêché mortel. André en a parlé au Père
Mathieu qui était le seul prêtre à être au
courant de son méfait.
Armand : Il a été sévèrement
puni ?
Le Père Duvenoux : Bien sûr. Son châtiment
a été exemplaire. Gutiver avait deviné que « le
rouquin » l’avait dénoncé et cet
enfant est mort sous la torture. « L’ombre de la
lumière » s’est sauvé et on ne l’a
plus jamais revu.
Armand : La punition du Père Mathieu a dû
être ignoble pour que Gutiver se soit vengé de la sorte…
Le Père Duvenoux : Le pire châtiment que
puisse subir un élève. « L’ombre de la
lumière » était complètement nu
devant toute la classe pour être sévèrement puni.
Armand : Il lui a sûrement donné la fessée
de sa vie.
Le Père Duvenoux : Si ce n’était
que ça... Le Père Mathieu l’a violé devant
ses copains qui riaient aux éclats.
Armand : Oh ! Noooon !
Jennifer : C’est monstrueux !
Le Père Duvenoux : C’était sa
punition.
Jennifer : Qu’est-il arrivé au prêtre ?
Le Père Duvenoux : Il a très mal fini.
Gutiver m’a expédié son corps par colis postal
trois ans après avoir fugué et je n’avais plus
jamais entendu parler de lui jusqu’à aujourd’hui.
Jennifer est filmée en gros plan avec l’enfant qu’elle
tient dans ses bras pour le consoler.
Jennifer : Regardez comme il est adorable. Vous osez
faire du mal à un enfant.
Le Père Duvenoux : Je n’ai pas puni
Gutiver, c’est le Père Mathieu... Je n’y peux
rien, si c’était une brebis galleuse.
Jennifer : Et les coups de règles que vous lui
donniez, c’est encore de la faute du Père Mathieu ?
(Elle dit cela d’un ton ironique.)
Le Père Duvenoux : Ça n’a rien à
voir. C’est de la sévérité. C’est
tout.
Jennifer : Partons…
Armand : Je vous suis Jennifer. Si jamais une plainte
est portée, je n’hésiterai pas à témoigner
contre vous.
Armand et Jennifer sortent de la pièce et ils se retrouvent
dans les escaliers.
Jennifer : Quel salaud !
Armand : Ce n’est rien de le dire…
On aperçoit en extérieur jour des enfants debout en
rang dans la cour, prêts à rentrer en classe en
attendant les ordres d’un prêtre qui est placé en
face d’eux.
Le curé : Je ne veux plus entendre un bruit et
tenez-vous en rang. Sinon…
Jennifer et Armand marchent dehors en extérieur jour pour
rejoindre leur voiture.
Jennifer : Sinon quoi…
Le curé : Je sévirais.
Jennifer allonge un crochet du droit au curé qui se retrouve
par terre sous les rires des enfants.
Jennifer : Ça soulage.
Armand : Je ne connaissais pas votre sadisme.
Jennifer : Je dois être le Diable.
Armand : On y va ?
Jennifer : O.K.
Les deux inspecteurs rentrent en intérieur jour dans leur
voiture et Armand monte côté conducteur. Ils roulent en
extérieur jour pendant un très court instant et juste
après l’automobile est filmée en intérieur
jour.
Jennifer : C’est étonnant que des curés
puissent être aussi pervers.
Armand : Vous manquez d’expérience. Vous
ne connaissez pas la nature humaine.
Jennifer : Il me reste beaucoup à apprendre…
Le portable d’Armand retentit, il le sort de sa poche.
Armand : Allô. Ce n’est pas possible !
Encore un curé ! Où ça ? On y va.
Armand range son portable dans la poche de son blouson.
Jennifer : Qu’est-ce qui se passe ?
Armand : Un autre prêtre vient de se faire
mutiler à deux pas d’ici. Il paraît que son corps
n’est pas très beau à voir…
On aperçoit la voiture filmée en extérieur jour
et les deux inspecteurs descendent du véhicule.
Jennifer : Bonjour.
Le policier : Bonjour, mademoiselle. Bonjour,
inspecteur. Vous allez voir, c’est ignoble.
Armand : C’est ce que j’avais cru
comprendre.
Jennifer : Oui, mais… On commence à
s’habituer.
Jennifer et Armand rentrent dans le presbytère.
Armand : Ça doit-être le même tueur
qui a commis ce délit.
Jennifer : Vous avez raison les tortures sont
similaires. A quelle heure a eu lieu ce crime ?
Le policier : A 21 heures.
Jennifer : Regardez ! Un miroir est accroché
au plafond pour que cette ordure de curé puisse se regarder en
face.
Armand : Oui, le serial-killer voulait sûrement
qu’il puisse ainsi voir sa conscience.
Jennifer : Je doute que ce salaud en avait...
Le policier : Vous n’avez pas le droit de dire
ça.
Jennifer : C’est un blasphème, je
suppose...
Le policier : J’avais énormément
d’estime pour le Père Rogenard.
Jennifer : Vous le connaissiez ?
Le policier : Oui et je l’aimais beaucoup.
C’était quelqu’un d’exceptionnel.
Jennifer : Pourquoi ?
Le policier : Quand j’étais enfant, mes
parents étaient très pauvres et le Père Rogenard
était l’ami de la famille. Je me souviens qu’il passait
des soirées entières pour m’apprendre mes leçons.
Jennifer : Ce n’était pas un pédophile ?
Le policier : Non, ce n’était pas son
genre. Tous les enfants l’adoraient. Je n’ai jamais connu
quelqu’un d’aussi gentil que lui.
Jennifer : Pourquoi selon vous, le criminel l’a
tué en le faisant souffrir ?
Le policier : Je n’en sais rien. Je ne comprends
pas pourquoi quelqu’un pouvait lui en vouloir, surtout à
ce point-là.
Jennifer : Vous pensez qu’il ne pouvait pas faire
de mal à un enfant ?
Le policier : S’il l’avait voulu, cela lui
aurait été facile de s’en prendre à moi.
Armand : Gutiver déteste tous les prêtres
mêmes ceux qui ont une bonne moralité. Il ne cherche
qu’à se venger.
Le policier : Pourquoi ? (Il pleure.)
Armand : Est-ce que le schizophrène a laissé
une trace derrière lui ?
Le policier sort une lettre de sa poche.
Le policier : Oui ! On a découvert une lettre.
Ce sont des menaces de mort.
Armand : Montrez-moi.
Le policier lui donne la lettre.
Jennifer : Vous voyez quelque chose de particulier ?
Armand : Non, rien. Mais on va quand même la
faire expertiser.
Jennifer : Je peux jeter un œil ?
Armand : Bien sûr.
Armand tend la lettre et Jennifer.
Jennifer : C’est quoi ? Vous avez une loupe ?
Un autre policier : Tenez, mademoiselle.
Jennifer : Merci.
La jeune femme regarde à l’aide de la loupe
attentivement les indices qu’elle peut trouver sur la lettre.
Armand : Vous trouver un indice ?
Jennifer : Je cherche. Vous ne trouvez pas qu’il
y a beaucoup de similitude entre les crimes ?
Armand : Oui, tous les prêtres sont morts sous la
torture en ayant un miroir au-dessus de la tête pour qu’ils
puissent voir leur mort.
Jennifer : Non, ce n’est pas ça.
Armand : C’est quoi ?
Jennifer : Tous les crimes ont un rapport avec le
chiffre 9.
Armand : Et alors ?
Jennifer : C’est le chiffre du Diable et vous ne
trouvez pas ça étonnant qu’un miroir soit placé
en face des croix que les curés portent au coup.
Armand : Ce qui revient à dire ?
Jennifer : Qu’une croix placée sous un
miroir est forcément retournée.
Armand : Vous pensez que le schizo est Satanique ?
Jennifer : Ce n’est pas un schizophrène...
c’est une secte.
Armand : Pour vous « l’ombre de la
lumière » est devenu un adepte du Diable ?
Jennifer : Ça marche la télépathie.
Armand : Oh, non ! Ce n’est pas possible.
Un policier rentre en courant dans le salon où a été
commis le crime.
Le policier : Venez, vite. Un prêtre vient
d’avoir des menaces de mort, on vient d’intercepter
l’appel.
Jennifer : On y va. A quelle heure l’appel a eu
lieu ?
Le policier : A 22 h 16. Le criminel avait l’air
déterminé à passer à l’acte.
Armand : Ça ne m’étonne pas. Mais
on est le 17 février. Il n’y a aucun rapport avec le
chiffre 9.
Jennifer : Réfléchissez. Pensez au
miroir.
Armand : Oui et après ?
Jennifer : Il suffit de retourner le 6 de 22 h 16 est
obtient le chiffre 9.
Armand : Le chiffre du Diable. Le doute n’est
plus permis. Il s’agit bien d’une secte satanique.
Jennifer : Vite ! Dépêchons-nous !
On aperçoit Jennifer et Armand courir en extérieur
mi-nuit, mi-jour jusqu’à leur voiture. Il rentre à
l’intérieur de leur véhicule en quatrième
vitesse. Armand est au volant et il démarre très
rapidement son automobile.
Le Père Philister est filmé en intérieur nuit en
train d’allumer une bougie, alors que les autres lumières
sont éteintes.
On entend des voix, mais on ne voit personne.
Les Sataniques : Gloire à toi Satan. Gloire à
toi Satan.
Le Père Philister : Je vous attendais avec
impatience.
Gutiver : Pourquoi tu ne t’éclaires qu’à
la bougie ?
Le Père Philister : Je cherchais l’ombre
de la lumière et je t’ai trouvé. Tu es moins
sombre qu’il n’y parait.
Gutiver : Qu’est-ce que tu veux dire par là
?
Le Père Philister : Je pense que tu es un ange
déguisé en démon. Tu n’as pas le fond
méchant. Que tu le veuilles ou non.
Gutiver : N’essaye pas de m’amadouer.
Un Satanique : Je vous maudis, sales prêtres.
Gutiver : Moi aussi. Je vous déteste tous.
Le Père Philister : Tu en es sûr ?
Gutiver : Je ne respecte qu’un seul curé,
mais un seul…
Le Père Philister : On ne le dirait pas. Quand
je pense que ta sœur a réussi à faire des études
grâce à lui, alors qu’elle était orpheline
et que ce prêtre s’est sacrifié pour qu’elle
réussisse sa vie.
Gutiver : Comment savez-vous ça ?
Le Père Philister : Je suis le Père
Philister. Chloé t’a sûrement parlé de moi.
Gutiver : Ma sœur vous adore. Elle refuse même
de me voir depuis que je suis devenu Satanique.
Le Père Philister : Je sais qu’elle t’aime
beaucoup. Et il n’est pas trop tard pour vous revoir.
Gutiver : Oh, que si ! J’adore Satan. C’est
mon Dieu.
Le Père Philister : Ce Dieu n’a fait de
toi qu’un criminel. Si ce n’est pas malheureux de voir
ça.
Gutiver : Ce n’est pas votre problème ?
Le Père Philister : Tu es quelqu’un de
bien Gutiver. Si ta sœur t’aime autant, c’est qu’il
y a une raison.
Un Satanique : Ne laisse pas ce curé t’émouvoir.
Gutiver : Il n’y a pas de danger…
Le curé tend une croix chrétienne à Gutiver.
Le Père Philister : Tu as peur ?
Gutiver : Ah, ah, ah. Bah, non !
Le Père Philister : Les vampires sont assoiffés
de sang et ils ont peur des croix. Toi, tu n’es assoiffé
que de justice.
Gutiver : Ferme ta gueule !
Le Père Philister : Elle serait contente ta sœur
si elle t’entendait...
Gutiver : Je déteste les curés. Ils sont
du côté du mal, mais eux, ils ne l’assument pas.
Le Père Philister : C’est vrai que les
prêtres qui font souffrir les enfants sont des gens
détestables. Ils n’ont même pas le courage de
prendre conscience de leurs méchancetés. Vous autres,
les adorateurs du Diable, vous n’êtes pas des lâches,
c’est votre seule qualité.
Gutiver : Ne nous insulte pas. Des qualités...
on en a pas.
Le Père Philister : Tu en as plus que tu ne le
penses. Mais tu es comme certains prêtres, tu es en pure
contradiction avec toi-même…
Gutiver : Ça m’étonnerait.
Le Père Philister : Tu appartiens au bien sans
le savoir. Tu es un ange rebelle, mais pas un démon. Pas vrai,
« l’ombre de la lumière » ?
Gutiver : Je ne comprends pas.
Le Père Philister : Tu ne peux pas être
une ombre puisque tu es un être de lumière.
Gutiver : Ah, ah, ah. C’est ridicule. Vous êtes
le seul à le penser.
Le Père Philister : Non, ta sœur est de
mon avis. C’est pour ça qu’elle t’aime et
qu’elle t’en veut d’adorer Satan. Tu ne crois pas,
Gutiver ?
Gutiver sort une mitraillette qui était cachée sous sa
robe noire qu’il pointe en direction du Père Philister.
Gutiver : Avant, j’aimais tuer les curés.
Un Satanique : Maintenant il adore ça.
Gutiver : Non, j’aimais…
Gutiver retourne sa mitraillette contre les Sataniques et il tire à
bout portant sur les autres membres de la secte. On en aperçoit
un tomber sous les balles, puis un deuxième. Un autre se cache
derrière un meuble et ce dernier tire sur le Satanique
repentit.
Gutiver : Couchez-vous mon Père.
Gutiver se jette sur le Père Philister pour le couvrir. On
aperçoit un Satanique tomber sous les balles, puis un
deuxième, et enfin le troisième qui était caché
derrière le meuble. Les autres membres de la secte sortent
dehors (en extérieur nuit) et ils sont aussitôt arrêtés
par la police qui vient d’arriver.
Le Père Philister : Sauve-toi, mon fils. Je ne
veux pas que tu ailles en prison. Mais attends quand même une
seconde.
Le curé note quelque chose sur un bout de papier.
Le Père Philister : Retrouve Chloé au
plus vite.
Le prêtre lui tend le bout de papier.
Gutiver : Merci. Comptez sur moi.
Le Père Philister enlève la croix chrétienne
qu’il a autour du cou.
Gutiver : Tiens. Mais ne la retourne plus jamais.
Le Père Philister : Promis.
Voix d’un policier : Gutiver ! On sait que
tu es là. Sors et mets les mains en l’air.
Le Père Philister : Dépêche-toi. Un
sous-terrain te conduira à trois kilomètres d’ici.
Tu verras… Tu ne peux pas te tromper.
Gutiver : Merci, mon Père.
Les deux hommes se font une accolade.
Le Père Philister : Tu embrasseras bien Chloé
de ma part.
Gutiver : Comptez sur moi.
Voix d’un policier : Sort et plus vite que ça.
Le Père Philister : Sauve-toi. Vite !
Gutiver passe par une trappe et il rentre dans la cave.
Gutiver : Adieu, mon Père.
Le Père Philister : Oui, adieu. Pas « à
Satan ».
Le curé referme la porte de la trappe. Les flics rentrent (en
intérieur nuit) dans le presbytère quelques instants
plus tard.
Armand : Gutiver. On sait que tu es là.
Jennifer : Rends-toi. Tu es cerné.
Le Père Philister : « L’ombre
de la lumière » est parti. Il est devenu beaucoup
trop lumineux pour rester une ombre ténébreuse.
Jennifer : Je ne comprends pas ?
Le Père Philister : Il est devenu un être
de lumière.
On aperçoit en gros plan la bougie que le curé tient
dans ses mains. Le Père Philister souffle dessus, alors la
chandelle s’éteint et l’on est plongé dans
le noir le plus total.
FIN
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