VOIX-OFF :
Ne
jamais blasphémer Hitler,
Ne jamais faire du mal à un enfant,
Ne jamais tuer les gens qu'ils aiment,
Sinon... MASOCHIDE
TUERIE !
EXT NUIT : Mélanie est filmée en train d'attendre devant
une salle de cinéma, ensuite la jeune femme regarde sa montre.
Mélanie : Ce n'est pas vrai ! ç‡a fait déjà un quart
d'heure que je l'attends...
EXT NUIT : On aperçoit le visage de Mélanie qui est
stupéfaite, car elle entend un homme crier.
Mélanie : Qu'est-ce qui se passe ? (Elle parle toute
seule).
EXT NUIT : La jeune femme avance et elle découvre un homme
qui est allongé devant un immeuble.
Mélanie : Monsieur ! Monsieur ! Vous êtes
blessé ?
L'homme
allongé : Oui, mais je ne serai
bientôt plus le seul...
EXT NUIT : Cet homme se relève et il s'approche de Mélanie
en ayant un couteau dans les mains, il la poignarde, alors elle se met à hurler.
Mélanie : Aaaaah !
EXT NUIT : On aperçoit son petit ami qui l'entend crier.
Guillaume
: Mélanie ! C'est toi ? (Il
hurle).
Mélanie : Aaaaah !
Guillaume
: Oui, c'est bien elle ! (Il se
parle à lui-même).
EXT NUIT : Guillaume se met à courir, il s'arrête ensuite
devant l'immeuble. On aperçoit l'homme en noir se sauver rapidement. Guillaume
prend sa copine dans les bras, alors que la jeune femme est mourante.
Guillaume
: Mélanie ! Je t'aime...
Mélanie : Moi aussi...
EXT NUIT : La jeune femme meurt dans les bras de son copain.
Guillaume
: Mélanie ! Mélanie ! Elle est
morte ! Noooon !!!
EXT NUIT : Guillaume est filmé en gros plan en train de
pleurer.
Guillaume
: Je te vengerai ! Je te
vengerai ! C'est promis...
INT JOUR : On assiste dans une église à la cérémonie de
l'enterrement.
Le curé : Mélanie nous a quittés. Une jeune femme sans
histoire. Et dire qu'un criminel l'a assassinée sans le moindre scrupule...
INT JOUR : Le prêtre se met à pleurer.
Le curé : Excusez ma faiblesse ! Mais je l'a connais
depuis qu'elle est toute petite. Cette jeune femme était tellement adorable que
j'ai l'impression d'avoir perdu ma propre fille...
INT JOUR : Une femme pénètre dans l'église, elle s'appelle
Florence Cordasse. Il s'agit de
l'inspectrice désignée pour résoudre ce crime.
Florence : Excusez-moi !
Le curé : Il n'y a pas de mal...
Mme Garnier
: C'est elle qui va mener l'enquête. (Elle
chuchote).
Mme Coquelin
: C'est l'inspectrice Cordasse ! (Elle
murmure).
Mme Garnier
: Il paraît qu'elle est brillante... (Elle
chuchote).
Mme Coquelin
: Je l'espère bien ! Il faut qu'elle
découvre ce salopard... (Elle murmure).
EXT JOUR : Il est écrit sur l'écran :
« Un mois plus tard ».
On aperçoit dans un champ des policiers qui découvrent le corps d'une autre jeune
femme. Un flic prend dans ses mains le couteau du crime.
Florence : Relevez les empreintes !
Lambert : Très bien.
Florence : Prélevez aussi l'A.D.N. !
Lambert : Ce sera fait...
INT JOUR : Madame Coquelin s'approche de Florence Cordasse
en étant en pleurs.
Mme Coquelin
: Identifiez le criminel, sinon c'est moi
qui le tuerai...
Florence : Je ferai mon possible ! Je vous le promets...
Mme Coquelin
: Des promesses ! (Elle lève les
yeux au ciel). Vous n'avez pas l'air très douée...
Florence : Comment ça ?
Mme Coquelin : Cela fait déjà deux mois que Mélanie a été
assassinée et personne n'a été arrêté...
Florence : Il me manque des preuves. Je n'ai que des pistes
pour l'instant...
Mme Coquelin
: Des pistes, toujours des pistes !
Dans dix ans, il y aura un nouveau cimetière et vous aurez toujours des pistes...
Florence : Calmez-vous, Madame !
Mme Coquelin
: Me calmer ! Me calmer !
Mettez-vous à ma place... Vous êtes nulle !
Gérard : Ne parlez pas sur ce ton à l'inspectrice
Cordasse !
Florence : Laissez-là ! Cette femme est en colère...
Mme Coquelin
: Le copain de Mélanie a disparu le soir
de sa mort ! Vous ne trouvez pas que c'est curieux ?
Florence : On n'a aucune trace de lui !
Mme Coquelin
: Depuis l'assassinat de sa copine, il y a
un nouveau meurtre ! C'est pour le moins étrange...
Florence : Je sais...
Mme Coquelin
: Vous devriez mener votre enquête plus
sérieusement...
Florence : Je n'ai pas besoin de vos conseils, j'ai déjà pris
rendez-vous avec son ex...
EXT JOUR : On aperçoit Florence qui s'approche d'un café.
Le barman
: Bonjour, Madame Cordasse !
Florence : Bonjour. J'ai rendez-vous avec Mademoiselle
Collard. Elle est ici ?
Le barman
: Oui, elle est assise près de l'escalier.
Cette fille porte un pull violet ! Vous ne pouvez pas la louper...
Florence : Merci.
INT JOUR : L'inspectrice avance pour rejoindre la jeune
femme.
Florence : Vous êtes bien Valentine ?
Valentine
: Oui.
Florence : Enchantée !
Valentine
: Moi aussi, Madame l'Inspectrice !
INT JOUR : Les deux femmes se serrent la main.
Valentine
: Asseyez-vous.
Florence : Merci.
INT JOUR : L'inspectrice Cordasse s'assoit à la table de la
jeune femme.
Florence : Vous êtes bien l'ancienne copine de Guillaume
Jacquemin ?
Valentine
: Bien sûr.
Florence : Vous étiez vraiment amoureuse ?
Valentine
: Oui ! Je l'aime toujours...
Florence : Vous parlez de lui au présent ! Vous pensez
que...
Valentine
: Il est toujours vivant ! J'en suis
persuadée...
Florence : Peut-il être le serial killer ?
Valentine
: Non, c'est impossible...
Florence : Votre avis n'est pas objectif...
Valentine
: Comment ça ?
Florence : Ne le prenez pas mal ! Vous l'aimez !
Cela ne signifie pas que vous soyiez sa complice...
Valentine
: Je comprends...
Florence : Est-il violent envers les femmes ?
Valentine
: Ah, ah, ah !
INT JOUR : L'inspectrice Cordasse la regarde intriguée.
Valentine
: Excusez-moi !
Florence : Pourquoi vous riez ?
Valentine
: C'est très drôle ! Ah, ah,
ah !
Florence : Je ne vois pas ce qu'il y a de comique ?
Valentine
: Si vous le connaissiez, ma réaction vous
paraîtrait normale...
Florence : J'aimerais comprendre...
Valentine : Certaines choses doivent rester tabou...
Florence : Je trouve votre attitude pour le moins
suspecte ! Si vous êtes sa complice, je ne vous ferai pas de cadeaux...
Valentine
: ç‡a tombe bien ! On n'est pas à la
période de Noël...
INT JOUR : Valentine se lève, alors que l'inspectrice
Cordasse reste assise.
Valentine
: Au revoir, Madame l'Inspectrice !
Florence : C'est ça ! Au revoir...
INT JOUR : La jeune femme s'en va.
Florence : Qu'est-ce qu'elle est pénible ! (Elle se
tient la tête dans les mains).
INT JOUR : Le barman s'approche de Florence.
Le barman
: ç‡a va, Madame l'Inspectrice ?
Florence : Ne vous en faîtes pas ! J'en ai vu d'autres...
EXT JOUR : Une jeune femme avance le long d'une route de
campagne. On aperçoit une voiture qui roule doucement, ensuite le véhicule se
gare à proximité de cette fille.
Le chauffard
: Bonjour, Carole. Tu vas loin ?
Carole : Non, je vais à Tinchebray. Mais je préfère marcher
à pied...
Le chauffard
: C'est quand même à trois kilomètres...
Carole : J'ai envie de me promener...
Le chauffard
: Monte ! Je te dis...
EXT JOUR : Le chauffard attrape le bras de la jeune femme
qui se met à crier.
Carole : Nooooon !!!
EXT JOUR : Il est écrit sur l'écran : « Une heure
plus tard ». On aperçoit Valentine marcher sur la même route.
Valentine
: Un pull ! (Elle parle toute
seule).
EXT JOUR : La jeune femme s'approche du fossé, elle se
baisse et elle découvre le corps de Carole, alors elle se met à hurler.
Valentine
: Aaaaaaah !!!
EXT JOUR : On aperçoit l'inspectrice Cordasse avancer.
Florence : Laissez-moi, passer !
EXT JOUR : Elle s'approche du cadavre.
Florence : Il y a longtemps qu'elle est morte ?
Lambert : Une heure tout au plus...
Florence : Vous avez prélevé les empreintes ?
Lambert : Oui et l'A.D.N. aussi ! Mais je ne me fais
aucune illusion...
Florence : On n'aura sûrement aucun indice, mais on finira
bien par trouver le coupable...
Lambert : Vous êtes optimiste !
Florence : C'est étonnant que l'assassin n'abuse jamais de ses
victimes !
Lambert : Je n'arrive pas à élucider ce mystère...
Florence : Ce n'est pas un maniaque sexuel, mais c'est quand
même un pervers...
Lambert : Il ne leur vole même pas leur argent !
Florence : C'est sûrement la haine qui le stimule ! Qui a
découvert le corps de la victime ?
Lambert : C'est cette jeune femme !
EXT JOUR : Le policier la montre du doigt.
Florence : Valentine ! C'est vous qui l'avez découverte ?
Valentine
: Oui.
Florence : Cela doit être traumatisant... (Voix ironique).
Valentine
: C'est horrible !
Florence : Bien sûr ! (Elle lève les yeux au ciel). Je
vous soupçonne d'être sa complice...
Valentine
: Guillaume n'aurait jamais pu commettre
ces horreurs...
Florence : Comment pouvez-vous en être certaine ?
Valentine
: Je le connais, c'et tout...
Florence : Si je découvre que c'est lui l'assassin, je vous
ferai embarquer pour complicité...
Valentine
: Vous n'avez pas d'autres
questions ?
Florence : Non.
EXT JOUR : Valentine s'en va.
Florence : Elle est inconsciente, celle-là !
EXT NUIT : Le commissariat est filmé en gros plan.
INT NUIT : L'inspectrice Cordasse
discute dans son bureau avec un collègue.
Gérard : Vous êtes persuadée que Guillaume Jacquemin est le
tueur ?
Florence : Qui voulez-vous que ce soit ?
Gérard : On devrait embarquer sa copine...
Florence : Vous avez raison. Cela va beaucoup l'impressionner...
Gérard : Je préviens les collègues ?
Florence : Réveillez Lambert ! Il faut faire avancer
l'enquête...
INT NUIT : Valentine est allongée dans son lit. Quant tout
à coup, on observe dans l'obscurité deux policiers qui se jettent sur elle.
Valentine : Au secours !
INT NUIT : Les deux hommes la sorte du lit pour
l'embarquer.
EXT NUIT : Les policiers l'emmènent de force jusqu'à
l'estafette et ils la font monter dans le camion. On voit ensuite le véhicule
rouler et juste après, on aperçoit le commissariat filmé en gros plan.
L'estafette s'arrête devant le b‰timent, puis on distingue les flics sortir en
compagnie de Valentine.
INT NUIT : Ils pénètrent tous les trois dans les locaux.
Les policiers transportent la jeune femme dans le bureau où se trouve
l'inspectrice Cordasse qui fume une cigarette.
Gérard : Asseyez-vous !
Valentine
: On dit s'il vous plaît, quand on est
poli...
INT NUIT : Gérard donne une violente gifle à Valentine,
alors elle se tient la joue.
Lambert : Voilà ce que j'en fais de tes leçons de politesse...
Valentine
: Je vous signale que la fumée me
dérange !
Florence : Vous allez peut-être me faire payer une
contravention ?
Lambert : Ah, ah, ah !
Valentine
: Très drôle !
Florence : Fini de rire ! Répondez à cette
question : Guillaume est-il encore vivant ?
Valentine
: Je suppose...
Florence : Votre voix est hésitante ! Vous le voyez en
cachette...
Valentine
: Et alors ? Cela ne prouverait
rien !
Florence : Détrompez-vous ! Ce serait la preuve de votre complicité...
INT NUIT : Valentine lève les yeux au ciel.
Valentine
: Si Guillaume est décédé, cela ne
l'innocente pas pour autant...
Florence : Comment ça ?
Valentine
: Son fantôme pourrait être le
criminel !
Florence : Vous vous moquez de moi ?
INT NUIT : Florence se lève et elle lui donne une claque.
Valentine
: Faîtes attention ! Guillaume
pourrait me venger...
Florence : Vous venez de vous trahir !
Valentine
: C'est vrai, il est vivant ! Mais je
vous assure qu'il n'est pas l'assassin...
Florence : Je ne peux pas vous croire ! Vous n'êtes pas à
un mensonge prêt...
Valentine
: Vous ignorez que vous êtes la complice
du serial killer !
Florence : Pardon ?
Valentine
: Vous êtes incompétente ! Vous vous
obstinez à penser que Guillaume est le coupable, mais vous oubliez quelqu'un...
Florence : Qui ça ?
Valentine
: L'instituteur...
Florence : Albert Martin ! Qu'est-ce qu'il a à voir
là-dedans ?
Valentine
: Il a été profondément affecté par la
mort de ses filles...
Florence : Et alors ? ç‡a date de quelques années ! Aucune
femme n'a été assassinée, avant la mort de la copine de Guillaume...
Valentine
: Les serials killer cachent bien leurs
jeux...
Florence : On va examiner son dossier de plus près. Mais je
vous déconseille de m'envoyer sur une fausse piste...
Valentine
: J'aime Guillaume, mais je suis incapable
de protéger un salaud...
Florence : Gardez vos explications pour votre avocate...
Emmenez-là !
Valentine
: Vous êtes nulle ! Complètement
nulle !
Florence : Pas autant que vous ! Vous êtes la complice
d'un criminel...
INT NUIT : Les deux policiers s'en vont en compagnie de la
jeune femme qui est menottée.
Valentine
: Vous commettez une grave erreur !
INT NUIT : Gérard pénètre dans le bureau de l'inspectrice
Cordasse.
Gérard : Vous êtes persuadée qu'elle protège le criminel ?
Florence : Oui, mais elle m'a donné une autre indication...
Gérard : Vous pensez qu'elle veut vous embrouiller ?
Florence : C'est possible, mais je vais quand même
enquêter ! On ne sait jamais...
INT JOUR : On aperçoit dans le salon de l'instituteur,
Gérard et l'inspectrice Cordasse qui sont en compagnie d'Albert Martin. Ils
sont tous les trois assis en train de discuter.
Florence : Ne vous vexez pas Monsieur Martin, mais il faut que
j'accomplisse mon travail...
Albert : Vous me soupçonnez d'être le serial killer ?
Florence : Non, pas vraiment ! Il n'y a jamais eu de
plaintes portées contre vous...
Albert : Pourtant beaucoup d'anciens élèves me détestent !
Gérard : Vous deviez être sévère !
Albert : Je voulais des résultats et je les ai obtenus ! Croyez-moi...
INT JOUR : Florence se lève, elle avance dans le salon, elle
s'approche du cadre qui contient la photo d'une adolescente, alors elle la
prend dans les mains.
Florence : Qui est cette jeune fille ?
Albert : Il s'agit de Camille. Elle est morte depuis plus de 15 ans !
C'était ma première fille...
INT JOUR : L'inspectrice Cordasse repose la photo.
Florence : J'espère que vous avez d'autres enfants...
Albert : Oui, j'ai aussi Rosie...
Florence : Elle habite où ?
Albert : Au-dessus de ce meuble... (Il montre un buffet du doigt).
Florence : Elle a été incinérée ?
Albert : Oui. (Il se met à pleurer).
Florence : Je suis désolé !
INT JOUR : Le visage d'Albert Martin est filmé en gros plan
en train de sangloter.
Florence : Je ne voulais pas vous attrister...
INT JOUR : L'inspectrice Cordasse se lève, elle s'approche
de l'instituteur et elle lui met la main sur son épaule.
Florence : On va y aller...
Albert : Merci...
INT JOUR : L'inspectrice Cordasse est filmée en compagnie de
Gérard, ils s'approchent de la porte, ce dernier l'ouvre et il sort le premier.
Florence : Au revoir, Monsieur Martin. Malheureusement, les
enquêtes sont souvent douloureuses...
Albert : Ce n'est pas de votre faute ! Vous faites votre travail... Au
revoir, Madame.
INT JOUR : Florence referme la porte derrière elle.
Gérard : Tu le soupçonnes d'être l'assassin ?
Florence : Pas vraiment. Je vais faire mon rapport et je t'en
reparlerai...
Un policier : D'accord, Florence...
INT JOUR : L'inspectrice Cordasse est filmée dans son bureau
en train de taper le rapport sur un ordinateur. Elle imprime une page, on
entend ensuite quelqu'un frapper à la porte.
Florence : Entrez !
INT JOUR : Gérard ouvre la porte et il pénètre dans son
bureau.
Florence : Ah, c'est toi !
Gérard : Tu as fini de taper ton rapport ?
Florence : Oui, il est terminé ! Tu préfères le lire ou
que je t'en parle de vive voix ?
Gérard : J'aimerais bien en discuter avec toi...
Florence : Si tu veux. Le passé de Monsieur Martin est fortement
marqué par la mort de ses filles...
Gérard : C'est un éventuel serial killer...
Florence : Il a toujours eu un comportement normal ! La
mort de sa première fille date de 15 ans et sa cadette de 3 ans. Les crimes
sont plus récents...
Gérard : ç‡a innocente l'instituteur ! Je vais convoquer Valentine pour
qu'elle s'explique...
INT JOUR : Valentine est assise dans le bureau de
l'inspectrice Cordasse.
Valentine : Je peux fumer ?
Florence : Je croyais que vous étiez anti-fumeur !
Valentine : Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas
d'avis...
Florence : Si ce dicton s'applique pour vous,
prouvez-le !
Valentine : Je reste sur mes positions ! Guillaume n'est
pas un assassin...
Florence : Vous êtes une imbécile...
Valentine : Je peux vous prouver son innocence en allant chez
moi !
Florence : On peut y aller maintenant ?
Valentine : Si vous voulez...
Florence : Alors ! On y va...
INT JOUR : Valentine avance dans son studio en compagnie des
policiers et de l'inspectrice Cordasse.
Florence : Que voulez-vous nous montrer ?
Valentine : C'est une copine qui me loue ce studio. C'est ici
que Guillaume venait certains soirs...
Florence : C'est ici que...
Valentine : Oui, on faisait l'amour chez moi...
Florence : Cette pièce est assez sympa !
Valentine : Allez-y ! Fouillez-la ! Vous allez être
surpris...
INT JOUR : Deux policiers commencent à fouiller le studio.
Lambert : Vous avez des mœurs bizarres...
INT JOUR : Lambert sort des fouets de l'armoire.
Lambert : Vous êtes des sado-maso !
Valentine : Ne faîtes pas d'amalgames ! Guillaume est
masochiste, rien que masochiste...
Florence : Et vous ?
Valentine : Moi, je l'aime ! C'est tout...
Florence : Vous pensez que les fouets prouvent quelque
chose ?
Valentine : C'est la preuve de son innocence...
Florence : N'importe quoi !
INT JOUR : Gérard sort une paire de faux seins et une
perruque.
Gérard : Vous avez vu ? Il se travesti !
Valentine : C'est toute l'ambiguïté du masochisme...
Florence : Que voulez-vous dire ?
Valentine : Guillaume n'aime pas les homos...
Florence : Alors ! Pourquoi il se déguise en femme ?
Valentine : Les masos se rejettent. Dans leurs phantasmes, ils
sont toujours quelqu'un d'autre. Ils peuvent se transformer en top model ou en
grand-mère ! Ils ont besoin d'utiliser le corps d'une personne du sexe
opposé !
Florence : Pourquoi ?
Valentine : Ils ont subi un violent traumatisme qu'ils
reproduisent sur eux-mêmes. La transformation est un moyen de se protéger.
Certaines maladies mentales transforment le négatif en plus négatif, comme ils
martyrisent leurs victimes. Les masos transforment le négatif en positif en se
faisant souffrir et en aimant cette souffrance.
Florence : Ils ont besoin de devenir quelqu'un d'autre !
Valentine : Ils
sont infidèles à eux-mêmes. C'est le transfert des corps !
Florence : Cela ne leur pose pas de problèmes de
consciences ?
Valentine : Non, ils empruntent le corps à des femmes qui
l'ignorent. Ils ne font de mal qu'à eux-mêmes et encore, ils se font du bien...
Florence : C'est incroyable !
Valentine : Les victimes ne peuvent pas porter plainte, car
elles n'existent pas. Il n'y a aucune méchanceté dans le masochisme...
Florence : C'est vrai. Ils ne font de mal à personne...
Valentine : Leurs phantasmes sont très volatiles. Un jour, ils
sont un top model et le lendemain une grand-mère. Ils peuvent intégrer
n'importe qui, la seule chose qui compte pour eux, c'est le changement dans la
souffrance...
Florence : Je comprends mieux cette perversion...
Valentine : Ils ne peuvent pas devenir des serials killer !
Florence : Pourquoi ?
Valentine : La différence entre eux et ces fous dangereux est
importante, car leurs consciences sont à l'opposée...
Florence : Comment ça ?
Valentine : Les masos se sentent coupables de tout et de rien.
Il ne faut jamais les culpabiliser, sinon ils peuvent représenter un danger
pour eux-mêmes...
Florence : Vous pensez au suicide ?
Valentine : Bien sûr. Ce sont des gens très différents des
doloristes...
Florence : C'est quoi ?
Valentine : C'est une autre maladie mentale...
Florence : J'aimerai comprendre cette pathologie...
Valentine : Le masochisme et le sadisme sont les opposés, ce
sont les deux pôles.
Florence : Et le dolorisme ?
Valentine : C'est une autre planète ! Ils sont aussi cruels
envers eux qu'envers les autres, mais ils n'y prennent aucun plaisir !
Florence : Quel est leur intérêt ?
Valentine : Ils
considèrent la vie comme une punition ! C'est pour ça qu'ils sont
dangereux...
Florence : Ils peuvent devenir des assassins ?
Valentine : Ces malades n'ont aucun scrupule...
Florence : Ils sont vraiment insensibles ?
Valentine : Imaginez un sadique et un doloriste regardant une
personne souffrir le martyr !
Florence : Qu'est-ce qui se passerait ?
Valentine : Leurs réactions seraient très différentes !
Florence : Le sadisme, on connaît ! Il prendra du plaisir
à regarder souffrir la victime.
Valentine : Le doloriste, non ! Il pourra lire son journal
en étant indifférent aux cris de douleur...
Florence : Cette pathologie doit provenir d'un sentiment de
frustration...
Valentine : Ce sont des zombies qui ont perdu la vie au même
moment qu'un proche. Cela peut être un conjoint, mais le plus souvent, il
s'agit d'un enfant.
Florence : C'est donc une mort psychologique !
Valentine : Qui les rend insensibles et haineux...
Florence : Ils n'acceptent pas la disparition d'un
proche ?
Valentine : Ils meurent en même temps ! Ces gens-là ne se
suicident jamais !
Florence : Les doloristes doivent être très malheureux !
Pourquoi ne se donnent-ils pas la mort ?
Valentine : Comme ils veulent se venger, ils commettent des
atrocités...
Florence : L'enfer doit les effrayer...
Valentine : Vous avez compris...
Florence : Sont-ils cruels envers les enfants ?
Valentine : Ceux qui ont perdu des nourrissons volent souvent
des bébés dans les cliniques...
Florence : Quel est l'intérêt ?
Valentine : Ils les font passer pour leurs enfants et ils en
profitent pour leurs faire subir des sévices !
Florence : Ils sont monstrueux ! Un masochiste peut-il
être doloriste ?
Valentine : Impossible ! Les masos ont la notion du
plaisir. Ils ne supportent pas la cruauté à l'égard des innocents...
Florence : Ce qui veut dire ?
Valentine : Ils protègent les personnes faibles et sans
défenses !
Florence : Si un maso voit quelqu'un faire du mal à un
gamin. Que se passerait-il ?
Valentine : Ils n'ont pas de problèmes de conscience envers les bourreaux...
Florence : Sont-ils capables de tuer des assassins ?
Valentine : Sans aucun doute ! Peu de gens ont fait le
rapprochement entre leur côté protecteur et leur rivalité envers les bourgeois...
Florence : C'est quoi ?
Valentine : Ils détestent l'abus de pouvoir...
Florence : Pourquoi ?
Valentine : Ils ne supportent pas que l'on fasse subir aux
autres ce qu'ils ont subi...
Florence : Je comprends...
Valentine : Il existe trois catégories de personnes auquel il ne
faut jamais toucher...
Florence : Lesquels ?
Valentine : Les enfants, les personnes qu'ils aiment et...
Lambert : C'est incroyable ! (Il hurle).
Florence : Qu'est-ce qui se passe ?
Lambert : Je viens de découvrir un exemplaire de « Mein
Kampf » !
Valentine : Vous ne m'avez pas laissé finir ma phrase... Il ne
faut jamais blasphémer Hitler devant un maso !
Florence : Pourquoi ?
Valentine : Le Fureur disait : « Les masochistes sont
les seules personnes qui n'ont pas besoin d'être blonds aux yeux bleus pour
être des êtres supérieurs ».
Florence : Venant de lui, c'est un compliment...
Valentine : Il disait aussi : « Les masochistes sont
les égaux des Aryens ». Il estimait que de comparer les masos aux autres
malades, c'était comparer les Aryens avec les Juifs.
Florence : Il
détestait les désaxés ?
Valentine : Il voulait les exterminer, comme ils sont dangereux
à l'égard des enfants. Mais il savait que les masos sont protecteurs, Hitler
trouvait cette maladie flatteuse...
Florence : Ils ont un statut à part dans leur idéo...
Valentine : Comme l'enfant est roi, les protecteurs sont des
princes...
Florence : C'est logique...
Valentine : Vous comprenez leur philosophie...
Florence : Pour en revenir à notre enquête : vous pensez que Guillaume est mort ?
Valentine : Non, il veut venger Mélanie ! Il ne fallait pas
toucher à sa copine...
Florence : Les jeunes femmes n'ont rien à craindre de lui...
Valentine : Même les gens normaux sont plus dangereux...
Florence : ç‡a dépend pour qui...
Valentine : Vous avez raison. Je n'aimerais pas être à la place
de l'instit...
Florence : Que le masochisme innocente votre ami, je suis
d'accord ! Mais qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que Monsieur Martin
est doloriste ?
Valentine : Tout le prouve...
Florence : Il a perdu deux filles, mais il n'y a jamais eu de
meurtres depuis la mort de sa cadette...
Valentine : Dans la région, peut-être...
Florence : Comment ça ? Dans la région ?
Valentine : Il y a quelques mois, j'ai fait du stop à une
centaine de kilomètres d'ici...
EXT NUIT : Une voiture roule et on remarque ensuite la
présence de Valentine qui fait du stop sur le bord de la route. L'automobile
s'arrête à proximité de la jeune femme, alors le conducteur (un homme brun avec
une moustache) baisse la vitre de sa voiture.
Le conducteur : Vous allez où ?
Valentine : Je vais à Fougères. Vous pouvez m'y emmener ?
Le conducteur : Bien sûr. Montez !
Valentine : C'est curieux ! Votre voix me dit quelque
chose... Vous habitez dans la Manche ?
Le conducteur : Non, je suis Breton. Mais venez ! Je vais aussi
à Fougères...
INT NUIT : Un livre de math est posé sur le siège arrière du
véhicule. (Il est filmé en gros plan).
Valentine : Oh ! Je le connais ce bouquin ! Monsieur
Martin l'emmène toujours avec lui. Vous êtes...
EXT NUIT : Valentine se met à courir à vive allure, ensuite
la berline poursuit la jeune femme. On aperçoit une autre automobile qui
s'arrête brusquement. On voit Guillaume qui est filmé au volant de son véhicule.
Guillaume : Valentine ! C'est toi ?
Valentine : Oui. Aide-moi ! Mais aide-moi !
EXT NUIT : On aperçoit le véhicule de l'instituteur qui s'enfuit.
Gérard : Vous n'avez jamais porté plainte ! C'est
surprenant...
Valentine : J'avais trop peur ! Monsieur Martin m'a
menacée...
Gérard : Pourquoi n'avez-vous rien dit après les autres
assassinats ?
Valentine : Depuis le début de l'enquête, vous étiez persuadé
que Guillaume était le tueur...
Florence : Je doute qu'il soit devenu doloriste à la mort de sa
première fille, mais cela l'a fragilisé...
Valentine : Quand sa cadette est morte, il a été atteint par
cette maladie...
Florence : L'urne est dans sa maison ! Ce n'est pas
comme celui de l'aînée...
Valentine : Vous ignorez qu'en ce moment, Guillaume tient
compagnie au serial killer !
Florence : Vous croyez qu'ils vont s'entretuer ?
Valentine : Je n'aimerai pas être à la place de l'instit...
Florence : Oh, non !
EXT JOUR : Les voitures de police arrivent à l'endroit où se
situe le cadavre de l'instituteur qui est filmé en gros plan. Il a le visage et
le corps complètement mutilés.
Florence : C'est horrible ! Emmenez-le !
Lambert : On vient de retrouver cet homme qui essayait de
s'enfuir...
Teyssier : Il fait l'amnésique... Ah, ah, ah ! Il nous
prends pour des cons !
Florence : Je vous rencontre enfin Guillaume Jacquemin !
Depuis le temps que je vous traque...
Guillaume : Je
n'ai jamais assassiné de jeunes femmes !
Florence : Je le sais ! Je suis amnésique, moi aussi...
Libérez-le !
Lambert : Vous êtes certaine que c'est raisonnable ?
Florence : Je sais ce que je fais...
EXT JOUR : Lambert lui enlève les menottes.
Guillaume : Merci beaucoup !
Florence : De rien, le héros...
Lambert : Pourquoi vous avez fait ça ?
Florence : Le tueur est mort ! La région va retrouver son
calme...
Lambert : Il a assassiné le serial killer, donc vous
l'avez laissé partir...
Florence : Cela va faire une heureuse...
Lambert : Qui ça ?
Florence : Valentine !
EXT JOUR :
Guillaume et Valentine s'approchent
l'un de l'autre en courant dans les champs et ils finissent par se rejoindre.
Les amoureux se jettent dans les bras, ensuite ils s'embrassent longuement sur
la bouche.
FIN