On aperçoit, alors qu’il fait extérieur nuit, une
jeune fille faire du stop. On voit juste après un camion
rouler. Le camion est ensuite filmé intérieur nuit et
le chauffeur prend une bouteille de whisky presque vide, il enlève
le bouchon et il boit à la bouteille, il la finit et il la
jette par terre, il s’essuie la bouche avec sa main et il
continue à rouler. En extérieur nuit, on revoit
l’adolescente continuer à faire du stop, le camion passe
devant la jeune fille et il s’arrête brusquement. La
jeune fille avance et elle ouvre la portière du véhicule.
Aurélie : Est-ce que je peux monter ?
Jacques : Ca dépend. Où veux-tu aller ?
Aurélie : Je vais au cimetière de Crosac.
Jacques : C’est sinistre pour une jeune fille
d’aller dans un endroit pareil à une heure aussi
tardive.
Aurélie : Je sais. Mais ma grand-mère est
décédée la semaine dernière et je suis
inconsolable depuis qu’elle est morte.
Jacques : Monte petite.
Aurélie : Merci, Jacques.
Aurélie monte dans le camion et elle ferme la portière.
Jacques : C’est incroyable ! Tu connais mon
prénom ?
Aurélie : Bien sûr. J’ai des dons de
voyance.
Le camion est filmé à l’arrêt. Extérieur
nuit pendant un court instant et l’on peut s’apercevoir
qu’il se remet à rouler. Et il est de nouveau filmé
intérieur nuit.
Jacques : Tu as des dons de voyance petite. Qu’est-ce
que tu peux dire sur moi ?
Aurélie : Je connais votre prénom et je
sais aussi que vous êtes un alcoolique invétéré.
Jacques : Pour l’instant tu fais un sans faute
avec tes prédictions.
Aurélie : Celle-là n’était
pas difficile. Il suffit de voir la bouteille vide qui est à
vos pieds et vous empestez l’alcool. Vous devriez arrêter.
Jacques : C’est vrai que je bois, mais cela ne te
regarde pas.
Aurélie : Je ne suis pas d’accord et je
sais que depuis de longues années, votre vie a été
foutue en l’air et vous avez sombré dans l’alcoolisme.
Vous êtes insupportable avec votre entourage et ils n’ont
pas à subir votre mauvaise humeur. Ils n’y sont pour
rien et ils n’ont donc pas à en subir les conséquences.
Jacques : Qu’est-ce que cela peut te faire ?
Aurélie : Je ne suis pas contente de votre
comportement. Vous savez Jacques, ils ne sont pas responsables du
fait que vous soyez malheureux.
Jacques : J’ai besoin de boire et j’en ai
rien à faire si cela te déplaît.
Aurélie : Je vais être franche avec vous
en vous avouant que je vous trouve lamentable. Vous n’êtes
qu’un poivrot.
On aperçoit pendant un court instant le camion filmé
extérieur nuit et il s’arrête tout-à-coup
sur la chaussée. Ensuite c’est de nouveau filmé
intérieur nuit.
Jacques : Je te prends en voiture et mademoiselle se
permet de me juger. Si tu n’es pas contente, tu peux descendre
là, petite. Personne ne te retient.
Aurélie : Excusez-moi. Ne me laissez pas dehors.
Supposez que je me fasse violer et assassiner par un pervers et que
vous appreniez la nouvelle dans les journaux. Vous ne vous le
pardonnerez jamais. Pas vrai, Jacques ?
Jacques : Il y a peu de chance que cela t’arrive.
Aurélie : Détrompez-vous. Je possède
des dons de voyance et je peux vous assurer que si je reste ici, je
cours un très gros danger.
Jacques : T’en es sûre ?
Aurélie : Sûre et certaine.
Jacques : Bon, très bien. Je te crois.
On aperçoit le camion filmé extérieur nuit et il
repart au bout d’un très court instant. Ensuite c’est
de nouveau filmé intérieur nuit.
Jacques : Je sais que tu vas voir ta grand-mère,
mais je doute vraiment que c’est seulement pour cette raison,
si tu es dehors à une heure aussi tardive.
Aurélie : Oui, j’ai été
danser avec des copines dans une boîte de nuit.
Jacques : Et personne ne t’a raccompagnée
?
Aurélie : Normalement mon amie Christelle devait
me ramener en voiture, mais j’ai préféré
faire du « stop ». C’est plus prudent.
Jacques : Pourquoi tu dis ça ?
Aurélie : Parce qu’elle n’était
pas en état de conduire. Elle avait beaucoup trop bu, si vous
voulez mon avis.
Jacques : Et tu l’as laissée conduire
toute seule ?
Aurélie : Non, rassurez-vous. C’est son
petit ami qui l’a raccompagnée chez elle.
Jacques : Ah, j’aime mieux ça. Je me
disais aussi. Je comprends maintenant pourquoi tu me faisais la
morale au sujet de l’alcool.
Aurélie : Vous êtes perspicace.
Jacques : Mais dis-moi. Tes parents te laissent souvent
sortir le soir ?
Aurélie : Mes parents sont divorcés. Je
vois très rarement mon père et ma mère me donne
beaucoup de libertés.
Jacques : Si j’ai bien compris. Tu fais ce que tu
veux ?
Aurélie : Je suis complètement libre.
Jacques : Et bien, ils ont tort. Moi, si j’avais
une fille comme toi, je ne la laisserais pas sortir aussi tard.
Aurélie : Pourquoi ?
Jacques : J’aurais trop peur qu’il t’arrive
quelque chose.
Aurélie : Donc vous m’aimez bien. Sinon
vous en auriez rien à faire de moi.
Jacques : Je trouve que tu es une jeune fille adorable.
J’apprécie énormément ta compagnie.
Aurélie : Moi aussi. Je vous aime bien.
Jacques : Ca me touche beaucoup. Tu ne peux pas savoir
jusqu’à quel point je regrette de ne pas avoir eu
d’enfants.
Aurélie : Et pourquoi vous n’en avez
jamais eu ?
Jacques : Tu sais, je n’en mérite pas. Tu
commences vraiment à m’énerver avec tes questions
indiscrètes.
Aurélie : Excusez-moi. Ce que vous pouvez être
susceptible.
Jacques : Je suis désolé. Je suis trop
nerveux. Je n’aime pas parler des enfants.
Aurélie : Puis-je quand même vous poser
une question ?
Jacques : Pose-la.
Aurélie : J’espère que vous n’êtes
pas pédophile.
Jacques : Ah, ah, ah. Rassure-toi. Je te promets que tu
n’as rien à craindre de moi.
Aurélie : Tant mieux !
Jacques : Mais je croyais que tu étais voyante ?
Aurélie : C’est vrai. J’étais
sûre et certaine que vous n’étiez pas un pervers.
Jacques : Alors pourquoi tu m’as posé
cette question ?
Aurélie : Je voulais vous faire marcher et je
vous ai fait courir.
Jacques : Que vois-tu concernant mon avenir madame Irma
?
Aurélie : Je sais que vous allez bientôt
arrêter de boire.
Jacques : Ah, ah, ah.
Aurélie : Pourquoi vous riez ?
Jacques : C’est impossible. J’ai suivi
plusieurs sevrages dans des hôpitaux et cela n’a servi à
rien.
Aurélie : Et bien, je suis prête à
parier une fortune avec vous que vous arrêtez l’alcool
dès ce soir.
Jacques : Ah, ah, ah. J’espère que tes
parents sont milliardaires.
Aurélie : Non, mais si je parie avec vous. Je
vais le devenir.
Jacques : T’es vraiment marrante, petite.
Aurélie : Je peux vous demander quelque chose,
mais promettez-moi à l’avance que vous allez dire
« oui ».
Jacques : Je ne fais jamais de promesses à la
légère. j’aurais trop peur de me faire avoir. Que
veux-tu me demander ?
Aurélie : Je vous supplie de ne pas tourner à
droite pour m’emmener à Crosac.
Jacques : Et pourquoi s’il te plaît ?
Aurélie : Si vous tournez à droite, vous
allez avoir un accident mortel et vous allez mourir.
Jacques : Mais si je passe par Cormeilles, cela me
rallonge énormément.
Aurélie : Vous préférez peut être
prendre le raccourci pour aller au cimetière ?
Jacques : Je déteste passer par Cormeilles. Sur
cette route, je conserve un très mauvais souvenir.
Aurélie : Vous savez Jacques. Je possède
vraiment des dons de voyance et je veux vous sauver la vie.
Jacques : Peux-tu me prouver que tu es une vraie
voyante ?
Aurélie : Bien sûr.
Jacques : Quel est le prénom de ma première
petite amie ?
Aurélie se met la tête dans les mains pendant quelques
secondes.
Jacques : Qu’est-ce que tu fais ?
Aurélie : Je me concentre.
Aurélie enlève la tête de ses mains.
Aurélie : Le prénom de votre première
copine est celui de « Florence ».
Jacques : T’es très forte. Que peux-tu me
dire de plus la concernant ?
Aurélie : Elle est blonde avec de magnifiques
yeux verts. Elle est très belle et vous vous êtes
rencontrés un jour où vous avez été au
cinéma. Vous l’avez draguée juste après la
séance.
Jacques : Tu es incroyable ! Et pourquoi avons nous
rompu ?
Aurélie : A cause d’un drame qui vous a
détruit et qui vous a rendu agressif à son égard.
Ne laissez pas une deuxième catastrophe achever votre
existence. Je vous en supplie. Ne passez pas par Crosac.
Jacques : Je te crois.
On voit le camion filmé extérieur nuit qui fait marche
arrière pour reprendre la route qui mène tout droit et
il continue à rouler en direction de Cormeilles.
Aurélie : Il était moins une. Nous avons
échappé de peu à l’accident.
Jacques : Il aura lieu quand ?
Aurélie : Bientôt.
Intérieur nuit : on aperçoit un conducteur fumant un
joint et sa copine et à ses côtés. Extérieur
nuit : On voit la voiture rouler en zigzag puis elle reste à
gauche, ensuite on voit une autre voiture prendre un virage et on
voit les deux voitures rentrer l’une dans l’autre.
Intérieur nuit dans le camion où se trouvent Jacques et
Aurélie.
Aurélie : Quelle horreur ! Ca y est. L’accident
vient d’avoir lieu.
Jacques : Y’a t’il des morts ?
Aurélie : Non, des blessés seulement.
Tout ça à cause du conducteur qui fumait du cannabis.
Jacques : Il n’y a rien de pire que la drogue.
C’est un vrai fléau.
Aurélie : C’est un peu comme l’alcool.
Si vous voyez ce que je veux dire...
Jacques est filmé en gros plan et il est tout blanc.
Aurélie : Jacques. Vous ne vous sentez pas bien
? Qu’est-ce que vous êtes pâle. Vous êtes
malade ?
Jacques : Non, mais c’est la première fois
depuis longtemps que je repasse sur cette route et j’en ai la
chair de poule.
Jacques est de nouveau filmé en gros plan, mais cette fois-ci
il pleure.
Aurélie : Mais vous pleurez.
Jacques : Est ce que tu aurais un kleenex ? Je n’en
ai pas.
Aurélie : Je suis désolée, mais je
n’ai pas de mouchoir. Mais je peux faire ça pour vous
consoler.
Aurélie embrasse Jacques sur la joue.
Jacques : Tu es une adorable petite jeune fille. Tu
tiens vraiment à aller te recueillir sur la tombe de ta
grand-mère ?
Aurélie : Oui. Nous sommes presque arrivés.
Courage.
Jacques : Tu sais que je manque à tous mes
devoirs. Tu es dans ma voiture depuis un bon quart d’heure et
je ne t’ai même pas demandé ton prénom.
Comment tu t’appelles ?
Aurélie : Je m’appelle Aurélie.
Jacques : Ne prends pas mal ce que je vais te dire. Tu
as un très joli prénom, mais je ne l’aime pas.
Aurélie : Pourquoi ?
Jacques : Il y a quelques années, j’ai eu
un terrible accident et j’ai tué une jeune étudiante
qui portait le même prénom que toi. (Il panique en
l’appelant par son prénom ) : Aurélie ! Aurélie
!
On aperçoit le siège de la petite jeune fille qui est
vide.
Jacques : Elle a disparu. Pourtant il n’existe
aucun moyen de sortir. Je l’aurais vue si elle avait sauté
et je mets toujours la sécurité, on ne peut pas ouvrir
la portière de l’intérieur du camion.
On aperçoit le camion filmé extérieur nuit
s’arrêter devant le cimetière. Jacques descend de
son véhicule et il ferme la portière juste après
être descendu du camion en tenant dans ses mains une bouteille
de whisky. Il rentre à l’intérieur du cimetière
et il s’arrête devant la tombe d’Aurélie.
Jacques : Je comprends maintenant pourquoi Aurélie
voulait aller au cimetière. Elle voulait rentrer chez elle. A
moins que j’ai des hallucinations à cause de l’alcool
et de ma mauvaise conscience qui me joue peut être des mauvais
tours…
Jacques casse la bouteille de whisky en la cognant contre la tombe.
Jacques : J’ai tué Aurélie et ce
soir son fantôme me sauve la vie. Elle est vraiment adorable…
NORATEUR : Dans ce cimetière un homme nouveau
vient de naître oubliant le zombie qu’il était.
FIN
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